Journée de la femme : Portrait de femmes entrepreneuses

Les études récentes le prouvent, le monde de l’entrepreneuriat est majoritairement masculin. En effet, on estime que seulement 1/4 des entrepreneurs sont des femmes. 
C’est le 8 mars dernier, à l’occasion de la journée de la femme, que nous avons décidé de mettre en avant l’entrepreneuriat féminin en laissant la parole à 3 de nos entrepreneuses hébergées à Tremplin Entreprises.

Merci à elle d’avoir pris de leur précieux temps pour répondre à nos questions. 

DRONE SESSION – Carine SCHWEITZER  

  1. Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre activité ? 

À la base j’étais plutôt orientée dessin et photo, mais pour mon entourage, ce n’était pas un métier jugé sérieux. Je me suis donc tournée vers un domaine plus administratif. 

À la suite d’une séparation, je me suis dit qu’il fallait mettre fin à ce « boulot alimentaire » et qu’il était temps de faire ce qui me plait. 

La société Drone Sessions est spécialisée dans la prise de vue aérienne par drone, que ça soit pour de la communication ou pour une activité artistique. Je m’occupe de la partie administrative et du traitement des photos. 

Je me suis spécialisée par la suite dans les portraits « Lifestyle » (enfants, couples, famille, amis, animaux) et les photos de mariage avec Session photographie

2. Comment l’idée d’entreprendre vous est-elle venue ? 

J’ai rencontré Christophe VISCHER pour une société de photo d’aérienne. Au départ, j’étais dans la société seulement pour lui donner un coup de main, mais nous nous sommes associés pour que je fasse partie intégrante de celle-ci.

3. Selon vous, est-ce plus difficile de concilier vie professionnelle et vie personnelle en étant une femme entrepreneuse ? 

Je pense qu’en tant que femme, il n’y a pas plus de difficultés qu’un homme.  Mais étant seule avec deux enfants à charge, je dois souvent jongler avec mes horaires, accorder du temps à mes enfants sans délaisser ma boite et inversement.

Au départ je m’étais dit que je serais plus souple en étant à mon compte, finalement je n’ai passé que deux semaines de vacances avec mes enfants depuis la création de la société. 
 
C’est vraiment une chance d’être deux dans la boite pour la souplesse. 

4. Quel est pour vous le principal avantage de se mettre à son compte ? 

Beaucoup plus de souplesse, la possibilité de faire ce qu’on veut quand on le veut.  Le résultat de mon travail, c’est pour moi. C’est valorisant d’atteindre ses objectifs et d’en tirer profit directement. 

Je pense qu’en étant simplement employée, il y a moins de reconnaissance. Il y a plus de satisfaction lorsque des contrats se concluent ou que des clients expriment leur contentement. 

5. Quel est le challenge le plus difficile que vous avez eu à relever ?  

À mes débuts, lorsque j’ai décidé de lâcher mon boulot et ma sécurité d’emploi sans avoir la certitude que la société perdure. 

6. Aujourd’hui, les femmes représentent ¼ des entrepreneurs ? Qu’est-ce que vous avez envie de dire aux femmes qui hésitent à se lancer dans l’entreprenariat ?  

Ayez confiance en vous, vous êtes capables de beaucoup. Je suis certaine que par la culture, les femmes sont plus polyvalentes que les hommes. 

Les garçons dans la société sont poussés vers la force, vers le fait d’être meilleurs dans un domaine précis. Je suis persuadé que chacun est capable de faire beaucoup s’il en a envie. Il ne faut pas se décourager, même si ça ne marche pas comme on le voudrait, ça enrichie toujours l’expérience. 

CMCG FORMATION – Céline MARTIN 

  1. Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre activité ? 

Je suis Céline Martin, gérante de la société CMCG Formation. J’ai une formation en éducatrice de jeune enfant. Je travaille en crèche depuis une dizaine d’années, j’ai notamment été directrice de ma structure.  

J’ai rapidement compris que pour mettre des projets en place, il faut avoir la direction et l’autonomie de décision. 

Mon projet est « Communication gestuelle associée à la parole pour les enfants en bas-âge ». Pour les enfants qui ne parlent pas et qui n’ont pas encore la possibilité de le faire, ils font des signes en même temps. Ils peuvent exprimer ce qui leur fait peur ou ce dont ils ont envie. 

2. Comment l’idée d’entreprendre vous est-elle venue ? 

C’est lors d’une de mes formations dans mon ancienne structure que j’ai été poussée par un de mes formateurs. Mais cela faisait seulement deux ans que j’étais directrice, je me suis dit qu’il était un peu trop tôt pour partir.  

Je trouvais ce métier compliqué par ce qui était lié à la gestion administrative, j’ai donc arrêté mon boulot pour devenir formatrice. 

Un jour, je me suis dit que « je n’étais pas plus bête qu’une autre, que je vais me mettre à mon compte ».  C’est donc le 6 juin 2016 que j’ai créé mon entreprise et le 2 janvier 2019 que j’ai décidé de la transformer en SARL pour avoir la possibilité de travailler avec une collaboratrice.

3. Selon vous, est-ce plus difficile de concilier vie professionnelle et vie personnelle en étant une femme entrepreneuse ? 

Ce n’est pas que c’est difficile, il faut savoir se mettre des barrières. Oui il y a des grosses journées, mais je sais m’écouter, je sais quand consacrer du temps pour moi et faire du sport par exemple. 

Ça dépend de ce qu’on se fixe comme objectif, mais le mien c’est que ma vie me plaise. Bien savoir s’entourer avec les personnes qui travaillent pour nous et avec nous. 

Je délègue certaines tâches, qu’elles soient comptables et juridiques. Bien que je travaille les samedis, je fais en sorte que mes dimanches ne soient jamais travaillés. 

Je pense qu’il faut savoir se poser des limites et avoir un véritable équilibre : vie professionnelle et vie privée. 

Il faut bien se connaître pour se réserver du temps. Savoir aussi repérer les gens qui vous veulent du bien, je dis toujours que le monde de l’entrepreneuriat est un monde de requins avec un joli sourire et des dents bien pointues, la difficulté est de se positionner dans ce monde quand on n’en n’est pas un. 

4. Quel est pour vous le principal avantage de se mettre à son compte ? 

On ne va pas se mentir, la charge de travail est énorme. Mais travailler à son compte est le plus beau des cadeaux. Le fait de faire évoluer son centre de formation comme on le souhaite est un réel plaisir.  

Mon parcours polyvalent m’a permis de me construire, c’était savoureux de faire ce qui était important pour moi.  

Mais le principal avantage, c’est de travailler à son propre rythme et de faire ses propres choix professionnels. Je peux réellement avancer et travailler avec les personnes que je souhaite. 

Il y a aussi une forte satisfaction liée à la récompense de tout ce qui a été mis en place et une forte notion de patience à posséder. 

5. Quel est le challenge le plus difficile que vous avez eu à relever ?

Sans aucun doute la création de ma boite en SARL, maintenant j’engage des gens avec moi, je ne peux pas me permettre d’échouer.  

Être gérante c’est une fierté, mais aussi une certaine peur. C’est extrêmement motivant et je suis très fière de mon parcours, de me dire que j’ai réussi à dépasser mes difficultés et mes peurs. C’est cette force qui me permet d’avancer. 

6. Aujourd’hui, les femmes représentent ¼ des entrepreneurs ? Qu’est-ce que vous avez envie de dire aux femmes qui hésitent à se lancer dans l’entreprenariat ?  

La place de la femme n’est pas toujours évidente, Il faut juste avoir confiance en ses capacités et en ses ressources. Par moment on a des peurs, c’est normal mais ça doit être un carburant et non un frein. Mes peurs me nourrissent pour me prévenir, elles me redonnent du boost et de la confiance en mes projets. 

QUELEA - Cathy BONNAUD 

  1. Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre activité ? 

Cathy Bonnaud, de la société QUELEA, formation et coaching des équipes. Je travaille essentiellement dans le domaine médico-social mais la société s’ouvre de plus en plus vers le domaine du coaching d’équipes d’entreprise. 

Nous ne sommes pas une société de consultant, l’idée est de mobiliser toutes les connaissances et les compétences des participants puis de les mettre en synergie.

2. Comment l’idée d’entreprendre vous est-elle venue ? 

C’est un proche qui m’a poussé à entreprendre.  

Claude Apfel, mon associé, a été pendant longtemps mon chef de service. C’est par nos connaissances du milieu, de ce qui fonctionne bien mais aussi les manques que nous avons décidé d’apporter aux structures toute cette dimension d’intelligence collective. 

3. Selon vous, est-ce plus difficile de concilier vie professionnelle et vie personnelle en étant une femme entrepreneuse ? 

Oui, clairement. Mes enfants sont grands, mais ça demande une bonne organisation. Je ne l’aurais pas fait il y a quelques années. 

L’investissement dans une entreprise prend du temps, il faut savoir s’organiser et trouver un équilibre dans sa vie. 

4. Quel est pour vous le principal avantage de se mettre à son compte ? 

L’indépendance et la liberté qu’amènent sa société, la possibilité de gérer ses horaires comme on le souhaite et de réaliser ses propres projets. 

Nous n’avons pas autant de liberté quand nous sommes salariés. 

5. Quel est le challenge le plus difficile que vous avez eu à relever ?  

Le plus difficile pour moi est l’aspect commercial, quand on travaille dans l’humain je trouve que cela est presque aux antipodes.  

Pour moi le commerce ce n’est pas réellement vendre, mais apporter quelque chose à l’autre. 

6. Aujourd’hui, les femmes représentent ¼ des entrepreneurs ? Qu’est-ce que vous avez envie de dire aux femmes qui hésitent à se lancer dans l’entreprenariat ?  

Que ces femmes osent et mettent tout ce qu’elles peuvent dans la réalisation de leur projet. 

Mettre tout ce qui nous anime dans un projet, c’est une superbe expérience en soi. Ce n’est pas que la réussite qui est importante, c’est mettre son énergie, sa richesse et son énergie dans ce projet. Lorsqu’on est animé par quelque chose qui est juste pour nous, c’est plus porteur que tout ! 

Pas de commentaire.

Ajouter un commentaire